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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 22:22

 

Je savais Bernard  Bretonnière attiré par les roulottes, aussi je l'ai invité à nous rendre visite à la roulotte.  Nos premiers mots furent autour de nos vies nomades, nos vies côtés privées.

 

Je ne connaissais que peu de choses de ce poète, seulement quelques mots lus, sa réputation d'homme mêlant l'humour et le quotidien, sa simplicité et son engagement aux côtés de ceux délaissés, de ceux laissés pour compte. 

 

J'avais écouté sa carte blanche au musée des beaux-arts d'Angers et l'avais croisé au marché de la poésie de Rochefort sur Loire.

 

Je me souvenais de ces deux moments-là, comme plaisants et surprenants.

 

Bernard Bretonnière, en résidence d'écriture à Combourg, en Ille et Vilaine, au nord de Rennes, m'avait proposée de passer le voir.

J'acceptais avec plaisir  l'invitation. 

Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.

C'était en novembre dernier, l'automne était doux, les bottes de rigueur et les terrains gadouilleux. 

 

Au pied du château dit de Chateaubriand ( l'écrivain y a passé quelques années de sa jeunesse), le bord du lac était tentant pour se poser, mais l'accès impossible à la roulotte. C'est donc sur un terrain futur lotissement les pieds bien au sec, face au lac et au château que nous nous sommes arrêtés. Les ânesses avaient de quoi brouter, c'était le week-end, les ouvriers absents.

Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.
Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.
Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.

Bernard est arrivé à vélo, a tourné autour de la roulotte, admiratif. Un jeune gitan sédentarisé était passé nous voir, nous avait laissé la photo de son arrière-grand-père.

 

Nous avons parlé de ça, des gens qui vagabondent, qui cheminent et de ceux qui s'ancrent que ce soit dans le champs des gens du voyage arrêtés ou dans le pré carré du lotissement.

Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.

Nous avons parlé des migrants d'hier et d'aujourd'hui, de ceux qui aident et de ceux qui refusent, des étrangetés médiatiques, des fausses données et des vraies vies que nous avons croisées l'un et l'autre, chez nous et /ou sur des parkings, lieux de transitions. 

 

Nous sommes revenus à parler roulotte et ... édition.

 

Bernard a reçu en cadeau une drôle de roulotte, une roulotte logement d'ouvriers de la route car faut bien la construire la route avant d'aller dessus ! Le cylindreur conduisait l'énorme machine à vapeur rouleau compresseur et au fur et à mesure que la route se déroulait, suivait la roulotte familiale ...

 

Ayant eu ses heures de gloire pour un spectacle. La roulotte en fin de tournée, deuxième vie dans le jardin du poète.

 

Dedans, des lectures, des expositions d'artistes comme celle de Pascal Bouchet. Les deux artistes pour un livre ensemble auto-édité. La roulotte d'édition devint maison d'édition nommée La Roulotte éditrice, moyen aussi d'apporter le genre féminin dans l'intitulé... 

Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.

Puis je ne sais comment nous avons parlé cuisine. Et c'est là nos sens en éveil, les couleurs, les odeurs, les goûts sur la langue. La langue, celle de nos papilles et celle linguistique, celle que l'on manie avec des mots et un dico. Bernard Bretonnière aime les vieux mots ou les mots d'argot comme panouille. Panouilles qu'il traque et dénonce de manière humoristique, jamais frontalement. Le poète sait l'escalade des mots violents et ne la veut pas. Il aime, comme il dit souffler le chaud et le froid mais reste dans l'amour.

 J'ai lu son journal de bord - voir ici l'un de ses premiers récits de jour de résidence

 

D'ailleurs à propos de journal de bord, nous avons eu la surprise de nous découvrir, sous son regard, quelques jours plus tard après notre départ de Combourg.

 

Merci Bernard pour cet article. 

 

Un beau souvenir pour nous.

La photo de Bernard Bretonnière, choisie pour son article sur notre errance.

La photo de Bernard Bretonnière, choisie pour son article sur notre errance.

Bonne route, amis migrants-rouliers-cochers-âniers-marcheurs-nomades-voyageurs-gens-du-voyage-itinérants-pérégrins-trimardeurs, beaux et heureux vagabonds, bon feuilletage !

 

Nous a-t-il écrit. Une longue liste pour nous dire nous, parce que oui, Bernard aime les listes. Des listes pour dire ce qui existe, pour dresser l'inventaire des mots dits par les uns par les autres. Pour redonner à la tour de Babel toute la richesse de la diversité et de son humanité ?

 

Bernard Bretonnière ( B.B)  aime capter les paroles des uns et des autres, des phrases ultra-banales qui en disent long... Des phrases de cafés, mais pas pour se moquer, pas des brèves, non de la poésie dans les mots de tous les jours. La vérité dure en souffrance ou en joie. 

 

C'est d'ailleurs dans un café, le Grand B que nous nous sommes retrouvés. RV malicieux  du petit B au Grand B,  me dit-il, pour parler de ses métiers, de nos activités d'animations d'ateliers d'écriture et de lecture, de l'écrit sur ce territoire, librairie, bibliothèque. 

 

La résidence d'écriture avec comme thématique les frontières, leurs mouvements ou leurs empêchements. Et ici c'est comment ? Lui d'en parler avec  les enfants, les petits et les plus grands, c'est vraiment son truc. Leurs visions du monde le nourrit. 

 

Petit diaporama de Combourg
Petit diaporama de Combourg
Petit diaporama de Combourg
Petit diaporama de Combourg
Petit diaporama de Combourg
Petit diaporama de Combourg
Petit diaporama de Combourg

Petit diaporama de Combourg

Puis ce fut à la médiathèque Les sources que j'ai été écouté l’événement lecture musicale organisée par la maison de la poésie de Rennes. J'ai découvert son texte journal d'accueil. J'ai été touchée au plus profond de moi, émue, chamboulée. Bernard nous livre ses questionnements autant que les gestes de l'autre dans la maison qui est sienne. L'autre chez soi. Qui le plus bousculé ? Qui apprend le plus ? Qui sera le plus étonné des deux ? Qui remerciera qui ? Est-ce si facile ? Où se cache le rire, les larmes ? 

 

Depuis, sans doute le texte a-t-il évolué, sans doute s'est -il étoffé ou a-t-il été épuré ? 

 

Nouvelle date autour de la lecture, le 23 janvier à Nantes.

Voici le lien : Journal de l'accueil d'un jeune migrant
 

Et nous ? Qu'avons-nous à dire après tout ça ? 

Bernard Bretonnière, une résidence, des roulottes, des frontières.

Je vous invite à lire Bernard Bretonnière,

ici déjà sur le site et Terre à Ciel 

et en librairie bibliothèque ... et à l'écouter !

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