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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 11:46

 

Je suis heureuse de présenter ici la diversité des textes écrits le 8 mai.

 

Dans les ateliers, les textes des participants restent la propriété des

participants mais il arrive, que eux ou moi, demandions de pouvoir les

entendre une seconde fois, de les lire, voire de les publier.

Chacun est libre bien sûr d'accepter ou de refuser,

de signer à sa guise ou pas.

 

Ce jour-là, tandis que se mélangeaient habitués et " 1ère fois ",

l'accord fût unanime, et les textes envoyés dans les 15 jours suivants.

 

Souvent l'envie est là, mais la vie passe, pleine,

et le " pas le temps " arrive.

 

Merci à vous d'avoir livré vos écrits.

Merci à Thierry de nous avoir accueillis et d'être resté avec nous.

 

Pour que tout à chacun, découvre,

la diversité d'écriture et ose créer la sienne.

 

Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...

Dans le cœur de l’atelier, aéré, lumineux de Thierry, dans le ventre, l’antre où la création s’élabore, silence des outils au repos ce jour. Le vent peut tourner dehors et gémir, il ne peut éteindre le feu sacré d’ici. Une odeur de fer mêlée au charbon, flotte en suspend dans l’air. Cela ne gêne nullement les oiseaux nichés au creux de la charpente. Ils pépient, se racontent peut-être dans le silence de la salle, les œuvres qu’ils ont vu sortir du foyer. L’enclume près duquel se relaxe le marteau, attend la prochaine pièce rouge, rougie par les flammes. L’acier se tord, le fer prend forme. Quel devenir ? Un projet finement ciselé ? Un accouchement lent et laborieux ? Un travail joyeux ? Une création harassante pour maitriser le métal rebelle et faire taire ses cris sous les coups de la masse ? L’homme de ces lieux n’a pas pour l’instant expliqué les chemins escarpés ou non de ses créations. Pas de douleurs ici, des formes rondes, courbes comme le ventre plein de la femme. Sérénité, repos, silence, paix. Ici ou là pourtant des circuits enchevêtrés, torsades au long parcours, laissent à penser les circonvolutions cérébrales possibles, probables du créateur, du ferronnier….


L’Hippocampe

« Les dames du lac » ont elles laissé s’échapper l’hippocampe des profondeurs ? Il a trouvé refuge sur cette place de sable jaune…pour lui laisser un reste d’illusion de la mer ? Indifférent aux chalands il pointe son plastron, bombe son torse en cuivre. Menton en galoche tel un gamin revêche et boudeur, il tente une parade de ses élytres de fils électriques. Il ne bouge pas et cependant je le sens vibrant, prêt à s’échapper. S’échapper où ? Prêt à retourner dans les eaux de son lac d’où on l’a sorti ? Était-il d’accord ? Nul ne le sait ! Il vit sa vie d’œuvre exposée aux yeux inquisiteurs, curieux de mille questions toutes aussi saugrenues les unes que les autres ! Ce que veut ce cheval cabré, c’est vivre sa vie tranquille, écoutant les bêlements des agneaux dans le pré ou le bruit lointain d’une tondeuse en action. On lui a créé une vie, devenue sa vie, alors il obéit. Il embellit le coin, il décore la terrasse, se prélasse. Était-ce sa destinée ? Nul ne le sait. Il est posé là, sans tracas ni objectif croit-on ? Que sait-on de sa vie d’hippocampe terrestre ? Il a peut-être des envies ? Elle en a peut-être sous le capot cette monture de fer, des idées, des lubies, des projets ? Nul ne le sait ! Son maitre lui a défini un espace, posé là, et depuis il fait jaser, se prêtant de bonne grâce pense-t-on à ce qu’on attend de lui. Lui qui a la chance d’exister qui a été sorti de nulle part, sinon d’un cerveau, d’un antre d’un ventre, d’un lac ou d’ailleurs.

Mimo (mai 2021)

Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...
Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...
Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...

Ici, maintenant

Par terre, en l'air

Pierre, bois

Souffle, respiration

Oiseaux, liberté

Ancien, renouveau

Matière, transformation

Repos, expression

Refuge.

 *** *** *** 

 

         Je sais...

         Aujourd'hui, samedi 8 mai 2021, loin des commémorations de l'armistice 1945, Thierry nous accueille dans son atelier, son refuge, qu'il a créé de ses mains à son image et qu'il remplit de ses créations sorties d'on ne sait où. Se mêlent ici les matières, naturelles, récupérées, et qui sont ou seront transformées. Le froid de l'acier contraste avec la chaleur que dégage la forge une fois allumée.

         C'est ce contraste qui me parle aujourd'hui, qui me touche. Ne sommes-nous  pas tous faits de contrastes ? Hier colère et aujourd'hui paix. Ombre et lumière. Force et faiblesse. C'est l'inattendu chaque jour. Lâcher prise pour se découvrir tout en revenant à la source régulièrement, à sa source. S'échapper en sachant qu'on a un refuge, matériel ou en soi. La dentelle de certaines œuvres me rappelle combien la vie est fragile, qu'il est important de tisser le fil ensemble, avec justesse, finesse, tout en acceptant les accrocs.

 

*** *** ***

 

         Soufi mon Amour

         Me voilà devant une dame, une dame parmi les dames, les Dames du Lac. Sa longue robe finement brodée tournoie dans le vent, un vent de liberté qui souffle. Ca tourne encore et encore, jusqu'à en perdre la tête. Etat de transe dans la danse, j'oublie tout. A mon tour, je danse et m'élance follement avec cette grande dame. Dame du Lac, vraiment ? Alors, peut-être qu'un preux chevalier sortira de sa forêt pour venir me sauver, m'emporter, m'élever haut dans les airs... La roue tourne, le monde tourne, ma tête tourne. Je tourne la tête et vois quelques êtres en train d'écrire eux aussi. Retour sur Terre. L'eau du lac pour me réveiller. Encore et toujours l'eau de la source qui coule, qui m'abreuve et qui me purifie. Et cette dame que je regarde et qui me regarde. Mais est-ce vraiment une dame ? Qu'importe !

 

*** *** ***

 

         A mon tour de créer

         Allez, il faut se lancer, le chantier est ouvert. Peu importe le résultat, j'ai déjà les mains dans le cambouis alors autant les mettre dans l'argile qui ondule au gré de mes mouvements, les yeux fermés. Accumulation de matières, en diverses couches montées comme une cathédrale, ma cathédrale. Ces différents strates sont ceux de ma vie, mouvante dans le temps.  Cette création doit donc être éphémère ou du moins changeante. Elle est composition florale mais aussi composition musicale. J'y mets toutes les notes, même les fausses. J'y laisse des marques, des entailles, des cicatrices, pour ne pas oublier l'Histoire. J'y mets des couleurs bien sûr, elle doit être lumineuse, comme moi. Sans oublier le sombre, comme moi. Feuillage, découpage, collage. Ca prend forme, ça prend vie. Sculpture vivante. Je ne peux faire de choix dans ce qui se présente à moi, en moi. Je prends tout ! Je donne tout. Je sens l'expression vive, inattendue, surprenante. Mon corps entier participe à cette création : il bouge, danse, vibre, chante, crie, pleure, rit. Un peu de douceur. De l'eau sur l'argile, l'argile douce sous et sur mes mains. J'aime. Je m'apaise... Et puis, c'est le feu d'artifice, le bouquet final ! Une explosion de joie et de lumière vers le haut, l'au-delà ! Un soleil illumine la pièce, illumine mon cœur. J'ouvre mes ailes. L'accouchement se fait finalement sans douleur. Ce qui est sorti de mes tripes, de mon ventre, est là, devant moi.

J'accueille.

Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...
Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...
Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...
Dans la peau du créateur….
Tous les jours, à tous les instants. 
Et ça fait longtemps que ça dure !
Depuis ma naissance…… C’en est une bien belle, celle-là !
Il en a fallu de la patience !
Il en a fallu des ricochets, des essais-erreurs !
Les tours, détours, retours, contours sont à l’oeuvre : 
-« Tiens, ça prend forme ! c’est ça !!!! c’est abouti ! »
-« Non, raté. c’est moche, déjà vu, déjà fait ! »
Que d’hésitations ! De tentatives inachevées ! 
De recommencements !……. 
Et puis, pour quoi faire ?…. Réussir sa vie ? …….. 
Rouler en SUV !
Voilà ! Le but n’est pas le bon. 
C’est pour ça, que ça n’avance à rien. 
Je reprend mes outils, ma matière, mes expériences, 
mon monde intérieur, mes joies, mes peines, 
mes années et je projette mes choix, ma liberté.
Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...

**L’oiseau****
Passeur de possibles
Etrange oiseau que celui-là. Il ne peut voler avec ses ailes trouées, trop lourdes. 
De la tête brute à la queue sculptée, il passe, il traverse l’imagination. 
Il a arrondi les chevrons de la charpente de son désir de voler, de son appétit de vivre. Son amplitude lui permet de se déployer même sur les légères brises. Face au mur, il saura voir et trouver la clé, le bon mouvement. 
Et puis lorsqu’il sera fatigué, je l’imagine dans son refuge, réchauffé de ses grandes ailes d’aventure, se reposer, incuber un nouveau voyage. 
Peut-être le retour au soleil bleu de son enfance. Car oui, il est bien étrange ce bel oiseau, il doit sûrement venir d’une autre étoile…



***Création/vie***
Au début, un fil. Un fil de rien. Croire en lui.
L’observer, le démêler, enlever ce qui cache les prochains centimètres. Croire en lui. Garder la confiance dans le processus, dans l’oeuvre entière et revenir au fil centimètre après centimètre guidé par une intuition. 
Après bien des nuits, un motif prend forme révélant un schéma. Le créateur (moi !) lui apporte de la couleur, de la vibration et honore ces premières dentelles. Il continue, il continue inlassablement le tissage malgré le fil qui peut casser, s’effilocher et prendre une forme inattendue. 
C’est aussi cela la création, émerveiller de ces (ses) mouvements libres, sans contrôle. 
Et lorsque le doute s’installe, trouver son refuge d’incubation, revenir à l’intérieur, préparer son fil de soi(e) … pour qu’un matin, sa grande oeuvre s'éveille au monde, se transforme dans la matière, ancrée dans le ventre de son créateur.

Charlotte 

Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...
La danseuse / dervich tourneur
 
De l'ombre à la lumière, de l'immobilité au mouvement. Immobile?
Pas tout à fait, la danseuse bouge légèrement au gré du vent.
De toute façon, j'ai l'impression qu'elle va s'animer d'un instant à l'autre,
poser le pied par terre et se mettre à danser. Dervich tourneur, danseuse de flamenco, mariée? Je ne sais pas mais j'ai envie de la libérer, de l'animer, le danser aussi dans un long tourbillon.
Faire sortir la joie, l'enthousiasme, la gratitude et l'amour...
la tristesse un peu aussi sans bien savoir pourquoi.
Se laisser aller dans ses émotions, les exprimer, les libérer, tout petit, tout petit...
et bientôt en tout grand... peut-être en dansant.
 
Vie/ Création
 
(phrase du début pioché dans le livre Ressuscité de Christian Bobin)
 
Le théatre c'est simple, tu éteins la lumière,
tu t'assis dans le noir et tu écoutes le silence.
Sentir l'élan, laisser venir, faire le vide, le noir, le silence, à l'intérieur de soi.
Attendre. Et laisser remonter, ou aller chercher dans les profondeur du puits.
Cette connexion à la source, à soi, à ce qui m'anime vraiment.
C'est parfois tout faible, une étincelle, une flamme vacillante, 
et parfois comme une évidence, un jaillissement,
quelque chose d'impossible à nier, d'impossible à cacher, de tellement grand.
Le voir, le sentir, c'est la première étape.
Il faut ensuite oser, exprimer, révéler aux yeux des autres, du monde, mes envies,
mes désirs.
Résister aux questions, aux jugements, aux peurs, aux doutes, les leurs,
les miens.
Et avancer, concrétiser, conscientiser, aller dans la matière, le faire, le brut.
Rendre réel, faire des retours en arrière, des ajustements, polir,
adoucir mais garder l'essence.
Pour moi c'est là l'essentiel, rendre concret,
mettre au monde tout en gardant la flamme, l'émotion qui m'animait au départ. 
Pour cela j'ai besoin d'y revenir souvent dans ce puits en moi...
goûter au sacré.
 
Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...

L’éléphant

De derrière la forge , je vois l’éléphant.
Comme venu depuis l’au delà.
Un grand œil vide, une face dans l’ombre l’autre à la lumière.
Sa trompe de métal m’évoque une prothèse, offerte par l’artiste au grand cœur.
Dans ce masque de bois, j’entrevois l’arbre des possibles.
Je me laisse embarqué par mon imaginaire.
La dame du lac de blanc vêtu sur le dos de l’éléphant.
Bercé par les vents telle la passagère du silence.


*** ***


Rûmi, rumination.

Je vois ici deux ailes de métal.
Elles m’inspirent un dragon, pas trop grand deux mètres de long.
Je me vois passer la nuit à chercher les différentes pièces de métal et ou de bois,
les retourner dans un sens puis dans l’autre jusqu’à trouver la place de chacune.
Comme un casse tête, je laisse faire mes mains, afin d’approcher la vision,
de la bête, petite et puissante, féroce ou douceur entremêlées.
Serait-ce un écho, peut-on mettre des ailes à la bête qui nous habite afin qu’elle s’envole?
Ou mettre des ailes est-il le passage de la chenille au papillon, de l’ombre à la lumière !
Dommage je suis au bout de la page…

Gilles
 

Diversités des textes de l'atelier du 8 mai chez Thierry Beaupère - suite et fin...

L’arbre des possibles m’appelle à grands cris.

Il est là devant moi, cherche à me séduire, à me prendre dans sa toile.

Pourquoi lui ? Pourquoi mon regard s’est-il arrêté sur cette sculpture, plutôt que sur une autre ?

Soudain je comprends : encore un cercle, encore des figures rondes, symétriques et harmonieuses. Le type de formes qui nourrissent mon quotidien.

Comment décrire cette sculpture, cet arbre des possibles ?

De ce qui semble être le tronc principal, s’échappent des branches comme pour symboliser les différentes options d’une vie.

Chaque cercle devient alors une opportunité, un projet, une rencontre, un espoir ou un voyage comme pour rappeler que rien n’est figé.

Certains cercles sont alignés, comme s’il fallait obtempérer et suivre un chemin tout tracé pour passer à l’étape suivante.

Certains sont bien fermés, bien dessinés, avec des circonvolutions intérieures, comme pour en faire tout le tour, consciencieusement, avec précaution.

Certains sont sectionnés, fragmentés, comme pour permettre de s’échapper par une issue de secours bienvenue.

Certaines branches stylisées ne sont que des lignes droites, des segments formant des angles bien nets comme pour conduire vers d’autres axes à découvrir ou redécouvrir.

Certaines branches, enfin, paraissent coupantes, elles s’arrêtent brutalement comme pour mettre un terme à un possible devenu impossible.

Cet œuvre semble évoquer la vie humaine et ses aléas.

D’ailleurs, le sculpteur l’a intitulé «  curriculum vitae ».

Brigitte

 

L'une des 40 règles soufistes

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